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le Mozambique fête 10 ans de paix

Depuis l'année 2002, le 4 octobre est considéré comme un jour férié au Mozambique - le Jour de la "Paix et de la Réconciliation" .

Le pays célèbre en 2002 le dixième anniversaire de la fin de la guerre civile qui opposa, seize ans durant, les forces gouvernementales du Front de Libération du Mozambique (Frelimo), alors unique parti au pouvoir, à la Résistance Nationale du Mozambique (Renamo), mouvement armé à recrutement ethnique et anticommuniste, appuyée par l'ex-Rhodésie et l'Afrique du Sud, alors sous régime d'apartheid.

Cette guerre, une des plus cruelles qu'à connue l'Afrique noire, fit plus d'un million de victimes. Elle entraîna l'exode de 1.700.000 réfugiés à l'étranger et le déplacement, à l'intérieur du pays, de plus de quatre millions de personnes. Le conflit provoqua une dramatique régression économique et sociale : les infrastructures du pays furent détruites et la production paralysée. Environ 200.000 enfants sont devenus orphelins ou abandonnés, la mortalité infantile s'éleva à 250 pour mille et un tiers de la population était dans le besoin d'une aide humanitaire d'urgence, sans oublier au moins 10 mille victimes des mines anti-personnelles dispersées dans une grande partie du territoire . Le Mozambique, sorti en 1993 exsangue de la guerre, ravagé et ruiné, accusant des indices de pauvreté parmi les plus élevés du monde, mit plusieurs années à se relever.

La chute du mur de Berlin (1989) et l'éclatement de l'Union soviétique (1991) ouvrirent soudain le champ à ce qui semblait jusqu'alors impossible. Des négociations pour la résolution des conflits " d'après-guerre froide " se mirent en branle entre le Frelimo et la Renamo, sous la pression de l'Occident, le patronage actif des Nations Unies et sous l'égide de la communauté de Sant'Egidio.

Ce processus de paix supervisé par l'ONUMOZ et dirigée par Aldo Adjello, débuta le 8 juillet 1990. 27 mois de négociations aboutirent à un cessez-le-feu et aux accords de paix signés le 4 octobre 1992 à Rome par les deux ex-belligérants.

Cet accord marqua un changement de régime de la République du Mozambique. L'instauration d'une démocratie pluripartite, la libéralisation de la vie économique ainsi que l'intégration du Mozambique dans le marché mondial en furent les principales conditions et les conséquences. La Renamo devient dès 1992 un parti légalement reconnu.

Une attention particulière fut accordée à la réconciliation au sein de la population mozambicaine, épuisée par les années de guerre civile. Les forces armées rebelles furent démobilisées ou intégrées, en partie, dans les forces gouvernementales. Une aide humanitaire et économique considérable fut consentie pour aider le pays à panser ses plaies : réinsérer les anciens combattants dans la vie économique, assister les orphelins et les réfugiés, procéder aux opérations de déminage, rebâtir les écoles, les hôpitaux, les bâtiments publics, reconstruire l'infrastructure sociale et économique, en s'appuyant surtout sur des micro-entreprises à technologie appropriée et à haute densité d'emploi.

Les premières élections multipartites, organisées sous la surveillance de la communauté internationale, eurent lieu en 1994 et bénéficièrent d'une participation massive de la population soit 87,87% des 6.148,842 mozambicains qui avait droit au vote. Le scrutin se conclut par la victoire du Frelimo à 44,33% des voix. Cependant, la Renamo obtint 37,78 % et se montra bien implantée dans les provinces du centre et centre/nord du pays - Sofala, Manica, Tete, Zambézia et Nampula - devenant le principal parti d'opposition avec 112 siéges au Parlement contre 129 du Frelimo. L'Union Démocratique est le seul parti qui atteint les 5% de voix et obtint 9 siéges au Parlement. Aux élections présidentielles, le Président Chissano gagna par 53,30% de voix contre 33,73 en faveur de Afonso Dhlakama.

J. Chissano, alors président de la République reçoit le 15 novembre 2000 - année de la culture de paix de l'Unesco - le titre de Docteur Honoris Causa de l'Université Libre de Bruxelles pour sa lutte incessante pour rétablir la paix et la réconciliation nationale dans son pays. Dix ans après, le Mozambique réussit à libéraliser son économie avec un relatif succès, bien qu'il dût répondre à d'autres défis, d'ordre sociaux, et affronter la situation d'urgence humanitaire générée par les inondations catastrophiques de 2000.

Souvent cité en exemple par l'Occident et considéré comme " bon élève " du FMI, le Mozambique cherche à consolider sa démocratie et à assurer une meilleure gouvernance, en dépit de la corruption et de dysfonctionnements du système judiciaire que l'on peut encore constater. Il figure pour la première fois sur la liste des 25 pays retenus par le gouvernement belge pour la coopération d'Etat à Etat. Sa croissance depuis les dernières années a été une des plus élevées de l'Afrique.

quelques sites web

La Communauté de Sant'Egidio : Community of Sant'Egidio and Peace
WAR, mother of all poverty Mozambique

bibliographie :

Roberto Morozzo della Rocca MOZAMBIQUE DE LA GUERRE À LA PAIX : Histoire d'une médiation insolite L'Harmattan, Paris, 1997


texte édité en 2002 revu et actualisé en 2011