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Un aperçu de nos articles

Le Pays

L'Histoire

" la fusion des intérêts, de races et de langues, qui est sensible aujourd'hui encore dans cette culture swahili répartie tout au long de la côte depuis la mer rouge jusqu'à la rivière Save, précisément jusqu'à la région de Sofala, où ils s'établirent aussi, créant une ville-état, qui devint très rapidement autonome, passant à devenir un petit royaume côtier dont la vie reposait sur le commerce de l'or, exportant ce qui provenait des mines de l'intérieur. L'île du Mozambique n'atteignit jamais cette importance parce qu'il n'était qu'une escale, ou un entrepôt, dans la route de l'or. Toute sa valeur réside dans le port, dans l'abri qu'il donnait à la navigation vers les Nord, pour le Sud ou pour le Nord-Est sur la route de l'Inde. C'était même un refuge sûr, étant donné que c'est une île, étant donné sa petitesse. L'île n'avait pas d'eau potable et n'était pas habitée par les africains qui se limitaient au continent. En effet, les africains n'étant pas navigateurs (ils apprirent la navigation maritime avec les arabes), ils n'avaient pas besoin de l'île et n'y habitaient pas encore lorsque les portugais arrivèrent en 1498. Colonie arabe très bien défendue, l'ile du Mozambique devient une agglomération swahili d'arabes et de Noirs avec leur Cheik et leur nobles noirs, continuant à être fréquentée par les arabes blancs qui exerçaient leur déjà antique commerce avec la mer Rouge, l'Arabie, la Perse, l'Inde et les îles de l'Océan indien. Vers le Sud, jusqu'à Sofala, Bazaruto et Mambone, incluant Angoche et Quelimane, et vers le Nord par toutes les îles et presqu'îles, la côte était parsemée de villages semblables, généralement très modestes à part l'un ou l'autre centre commercial de plus grande importance pour l'exportation de l'ivoire, d'esclaves et de bois et l'importation de tissus colorés des Indes et de cordelettes de missanga. De-ci, de-là, il y avait un petit chef politique, et l'île du Mozambique avait le sien, compromis dans l'engrenage politico-économico-social arabo-africain, qui donne origine à ce que les portugais appelaient " maures-nègres " qui devinrent les seigneurs de la côte, dominant la politique, la société et l'économie locales, en petits sultans ou cheiks. "
(Alexandre Lobato, trad. P. Deramaix)




quelques liens sur l'île du Mozambique

ilha de Moçambique

L'ile du Mozambique: carrefour des cultures

Située au Nord du Mozambique, dans la province de Nampula, l'île du Moçambique est sans doute le site historique le plus significatif du pays. Classé " patrimoine mondial " par l'UNESCO, l'île, qui a souffert d'un relatif abandon, est en cours de restauration et revit sur le plan culturel.

Son importance est liée à sa situation stratégique au Nord du Mozambique, sur l'Océan indien, qui fait d'elle le carrefour de diverses civilisations : bantoues, arabes, indiennes et européennes. Le régime climatique, alternant moussons et période de calme, et l'absence relative de tempêtes, favorise les traversées maritimes. L'Océan indien devint depuis les premiers siècles de notre ère jusqu'au 15e siècle le cadre d'échanges commerciaux et culturels entre l'Occident et l'Orient.

Durant l'expansion de l'islam, les arabes développèrent les échanges maritimes et durant plusieurs siècles, les épices, tissus, parfums, orfèverie et autres exportations orientales arrivaient sur le marché par le biais des intermédiaires arabes qui détenaient un monopole de fait sur les importations en Afrique. La rencontre entre les peuples bantous et les navigateurs arabes, musulmans, permit le développement d'une culture particulière, la culture swahili, qui toucha le Mozambique depuis Zanzibar, Kilwa et les Comores. Le dialecte parlé par les Macua, le Naharra, est un héritage de cette culture swahili. Cependant, indiens islamisés, indonésiens et chinois jouèrent aussi un rôle dans la prospérité de la région.

maison dite

Cette prospérité n'était pas sans susciter la convoitise des occidentaux. Lorsque Vasco de Gama arriva à l'île du Mozambique en 1498, il était à la recherche d'information sur la route des indes, qu'il ne put emprunter qu'à l'aide de pilotes arabes. Le développement cette route maritime vers l'Inde permit à Saville et Lisbonne de supplanter Venise, Gênes ou Marseille. C'est à titre d'étape relativement sûre vers l'Inde que l'île du Mozambique intéressait les Portugais. L'or du Monomotapa y était échangé contre les épices d'extrême Orient. Plus tard, le commerce d'ivoire et des esclaves constitua une nouvelle source de richesse. Les communautés islamisées étaient fortement structurées et entretenaient des relations avec Zanzibar et les Comores. Les Portugais ne s'implantèrent que difficilement dans la région, d'autant plus que d'autres concurrents européens se présentaient : les Hollandais tentèrent d'occuper l'île du Mozambique au 17e siècle et les Français réussirent à devenir les principaux intermédiaires dans le commerce d'esclaves vers les iles de l'Océan indien. Les anglais, quant à eux, cherchaient à contrôler les routes maritimes.

L'île du Mozambique est la résultante de ce processus où ces influences culturelles se manifestent dans l'architecture, ainsi que les coutumes des habitants : présence arabe et swahili, influence indienne, implantation portugaise. Ce mélange interculturel se rencontre dans toutes les iles de l'océan indien : Mogadiscio, Mombaça, Lamu, Comores, Ibo, île du Mozambique.

Cette dernière est aussi l'antique capitale coloniale. Il se présente comme une agglomération de contructions anciennes qui datent du 16e siècle au 19e siècle. La pierre, la chaux, le " macuti " (feuilles de palmier) constituent les matériaux de choix de constructions fondées sur les bancs de coraux. Le signe le plus visible de la colonisation portugaise est la forteresse, le Palais Saint Paul, dont la chapelle, en style manuelin, est ornementée de motifs inspirés par les " grandes découvertes ". D'influence portugaise sont aussi les façades, le pavement des rues, l'intérieur des églises catholiques, le style des maisons et des monuments. L'apport indien se manifeste dans le mobilier et l'ébenisterie : portes, verandas, meubles… L'ile comporte un temple hindou. La culture swahili prédomine jusqu'aujourd'hui dans la culture populaire, la musique, les danses (tufo, ntsope et mualide), mais aussi dans les recettes culinaires, dans les pratiques commerciales. L'islam, un islam africanisé, gouverne, avec douceur, tous les aspects de la vie quotidienne.

(source : " ilha de Moçambique, ponto de encontrou de civilizações " de Luis Filippe Pereira et al., éd. Banco de Moçambique)

L'esclavage au Mozambique

Le trafic d'esclaves connut son apogée entre 1750 et 1850. Il faut relever qu'au 17e siècle, les hollandais avaient conquis l'Angola et le Congo, ce qui contraignait les esclavagistes à puiser leur " marchandise " sur la côte orientale de l'Afrique. Pour le Mozambique, cela signifiait l'exportation des esclaves vers le Brésil. Ce trafic était la principale raison de la pénétration coloniale dans l'arrière-pays. En 1787, les Portugais légalisèrent la vente d'armes et la chasse aux hommes se généralisa au point que toute l'économie du Nord du Mozambique était complètement dominée par la capture, le transport et l'exportation des esclaves

Mossuril devint la plaque tournante de ce trafic tandis que l'île du Mozambique périclitait sur le plan économique. Sofala, Quelimane et Ibo devint les " ports des esclaves ". Des dizaines de milliers de Macua furent embarqués pour les iles Maurice, Madagascar, Zanzibar, le Golfe persique, Brésil et Cuba. Au 17e S, le trafic d'esclave surpassait celui de l'ivoire et d'or. Dans une première phase, les esclaves étaient achetés par les Français pour les plantations de café et de canne à sucre des îles Maurice. Par la suite, les marchands américains, du Nord comme du Sud (Brésil), apparurent sur les côtes mozambicaines. Au 19e S, l'essentiel du trafic était destiné aux plantations sucrières, de cacao et aux mines du Brésil.

la forteresse de San Sebastien

forteresse de saint-Sebastien

Située sur la pointe Nord de l'île, la forteresse de San Sebastian fut construite en 1558. Elle n'était pas terminée lorsqu'elle subit l'assaut des Hollandais en 1607. Elle ne fut achevée qu'en 1620. Elle répondait à un besoin de renforcer la présence portugaise face à la résistance arabe et indienne. L'île devint un lieu de résidence semi-permanent pour le Capitaine-général du Mozambique, qui dépendait administrativement du Vice-roi des Indes. A la fin du 16e siècle l'île était devenu une agglomération importante, lieu d'exportation de l'or de Monomotapa (royaume du nord de Zimbabwe) qui bénéficiait d'une administration bureaucratique et douanière

La cité de pierre et de chaux

La cité de pierre et chaux est l'une des deux zones urbaines distinctes de l'île. Elle en occupe la moitié septentrionale. Riche d'une histoire de 400 ans, elle se caractérise par son unité architecturale qui la distingue de la " ville de macuti " où prédominent les constructions en matériaux végétaux (feuilles de palmier). Depuis des siècles, les habitants ont utilisés les mêmes matériaux et procédés de construction : pierre calcaire, bois, maçonnerie, revêtement de façade, pavement, l'usage de terrasses et de citernes pour recueillir l'eau de pluie.

L'architecture de l'ile a subi diverses influences dont le plus marquant est celle de la région méridionale du Portugal, l'Algarve, dont on retrouve les traits dans l'ornementation des fenêtres, des corniches, des lintaux peints en blanc. Cependant, des détails dénotent aussi l'apport arabe. La partie supérieures des fenêtres est souvent ornée d'un fronton, les plus anciennes sont taillées dans la pierre de corail tandis que les plus récentes sont des moulures de plâtre. L'aménagement intérieur dénote un souci de confort : les fenêtres dispensent une éclaraire adouci et le rythme des charpentes du toit confère à un espace intérieur ample une note de rusticité chaleureuse. Les maisons comportent souvent une terrasse s'ouvrant vers l'extérieur, permettant le repos..



Eglise - ilha de Moçambique