Le temps colonial : Congo et imagerie populaire (1)

quelques illustrations commentées par Edouard Vincke

Pièce centrale du monument à Léopold II de 1951 au " Spetz " à Arlon. Il domine les deux bandeaux.

Inscription : "j'ai entrepris l'oeuvre du Congo dans l'intérêt de la civilisation et pour le bien de la Belgique - Léopold II - 1835-1906"

Bandeau du monument à Léopold II à Arlon. Inscription : Erigé à l'initiative du cercle colonial arlonais. 17 06 51".

Mise en scène emblématique de la justification coloniale. Ici le Passé : les Congolais sont totalement livrés aux esclavagistes arabes. Les corps des Congolais sont nus par opposition à l'autre bandeau.

Photo EV 08/03/96.

"Arlon bandeau 2 "

Pendant de la partie "esclavagiste". Mise en scène de la Modernité: les métiers proposés aux Congolais. Ce sont des métiers subalternes, d'ouvriers, d'artisans. Tous sont bien habillés, par opposition à la mise en scène précoloniale.

Photo EV 08/03/96.

" Vinçotte "

Groupe de faîte du "Monument du Congo" situé au Parc du Cinquantenaire à Bruxelles, dû à Vinçotte, 1921.

La femme noire offre son bébé à la Belgique bienveillante. L'inscription bilingueporte: "La race noire est acceuillie par la Belgique"

   

" Expo 1935 " : Affiche exposition de 1935 à Bruxelles.

On met rarement des danseurs masculins en scène, à part les Tutsis du Rwanda. Il s'agit ici d'une colonie française. La scène est beaucoup plus esthétique que la réalité des expositions produisant des Africains.
Bulletin officiel de l'Exposition universelle et Internationale de Bruxelles, 1935.

Coll. EV.

" Fétiche uranium " : Couverture du livre " Le Congo, du fétiche à l'uranium ". L. Cuypers, 1953.

Le "fétiche" est lié à la notion de barbarie et de cruauté, comme l'attestent de multiples images de couvertures de livres. Ici, "uranium" signifie progrès et modernité, qui doivent remplacer l'état antérieur

Couverture du livre " Ébènes et ivoires ". 1955, éd .J. Vernaut, Belgique.

L'image surdétrmine la dualité classique Blanc/Noir. L'Européen porte son casque, couvre-chef à la fois obsessionel et marque du pouvoir.Il incarne le Broussard. La femme congolaise est positionnée entre le colonial et le navire moderne. Cependant elle est élégante.

Coll. EV.

Couverture du livre "D'héroïsme et de gloire" 1959, Hachette.

Mise en scène différente de celle de la couverture du livre "Ebènes et ivoires". La scène est dynamique. L'officier jaillit du bateau moderne, suivi de ses soldats. La femme et l'enfant l'accueillent avec un geste d'appel engageant, et le sourire. La femme est élégante et ses traits sont dessinés. Congo français.

Coll. EV

Couverture du livre " Les mines du roi Salomon ", Rider Haggard, 1951, Hachette.

L'image reprend la mise en scène du film. Il s'agit d'un danseur Tutsi. Il est gracieux, presque efféminé, et c'est la façon habituelle de présenter ces danseurs. En réalité la danse est guerrière et dégage une impression de force et de violence : il semble qu'on veuille symboliquement émasculer le guerrier.

Coll. EV.

" Sous le casque " Couverture du livre " Sous le casque blanc " Roland. Dorgelès, 1941,

Le Livre Moderne. Mise en scène très emblématique. Le Blanc à l'avant-plan porte un casque, le Noir le suit et porte une caisse. Image de commandement, de puissance.

Coll. EV.

"Nonkel missionaris" : Couverture du livre "Nonkel Missionaris vertelt" (Tonton Missionaire raconte). Année? Anonyme.

Mise en scène à la dualité classique. L'Européen a les traits bien dessinés, le Congolais non. Position de domination par rapport au Congolais infantilisé.

Coll. EV

photographies : copyright E. Vincke.

suite : Peintures de Tshibumba Kanda Matulu