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Marrabenta

une danse populaire et urbaine du Mozambique

La Marrabenta est un genre musical, comme on pourrait le dire du souk ou de la salsa. C'est un style musical typique du sud du Mozambique et particulièrement de la ville de Maputo, la capitale. Inventé au Mozambique en période coloniale, le Marrabenta était alors destinée à distraire les colons et joués sur des instruments internationaux par des musiciens n'ayant aucune expérience académique et qui dès lors se produisaient avec les moyens du bord : bidons d'huile, pièces en bois, cordages de pêche.

Le mot Marrabenta vient en réalité du verbe " rebentar " qui en portugais signifie " casser ", " s'éclater ".Marrabenta se réfère au fait que les musiciens jouaient en cassant fréquemment le rythme sur leur guitare.

Durant la lutte de libération, les Portugais ont considéré le Marrebenta comme subversif et véhiculant des idées révolutionnaires et se sont mis à régulièrement fermer les lieux où les musiciens de Marrebenta se produisaient. Après l'indépendance, le Marrebenta a réapparu dans le pays mais la jeune génération urbaine a depuis lors développé son propre style sous l'influence du rap occidental.

Cette musique exprime tout à la fois la joie dans les rues de Maputo mais aussi un style de danse. Toutefois l'histoire du Marrabenta remonte aux années 1930 : les coloniaux portugais ont fini par la détester, c'est un style de musique répétitive, rythmée, destinée au mouvement, au rythme minimaliste des guitares et claviers. La vieille école de la Marrabenta est attribuée à Francisco Mahecuane et Alberto Mula. Peu après l'indépendance en 1975, beaucoup de jeunes musiciens sont apparus, on réinventé le style et lentement, mais sûrement, ils ont littéralement imposé au Mozambique la principale rythme urbain d'aujourd'hui.

Le supergroupe Orchestra Marrabenta Star de Moçambique a contribué à la reconnaissance internationale du Marrabenta. Wazimbo, ex-chanteur vedette du groupe était un des artistes les plus populaires du Mozambique. Ghorwane est un autre représentant du Marrabenta des années 80 qui utilise le rythme traditionnel de cette danse pour exprimer une critique politique et sociale. Eyuphuro fait partie de la génération montante de la world music.

Dans l'ancienne génération, on peut compter le nom de Francisco Mahecuane dont la carrière musicale débute en 1938 et Dilon Djindji, agé de près de 80 ans. Ces musiciens se retrouvent dans une compilation renommée : "the rough guide to Marrabenta". Mabulu représente aujourd'hui un courant novateur qui associe étroitement le Marrabenta au rap au sein d'un groupe joignant le star du mouvement hip hop, Chiquito au vétéran Lisboa Matavel.

Fils de paysan, Dilon Djindji, était connu comme l'homme aux 1000 histoires. Sa carrière n'est pas celle d'une vedette du show business : s'il commença à jouer de la guitare - un instrument artisanal qu'il avait fabriqué lui-même, utilisant un vieux bidon - à l'âge de 12 ans, il se livra - pour gagner sa vie - à de multiples métiers : travailleur agricole dans une coopérative, mineur en Afrique du Sud, et même ... pasteur protestant. Dans les années 45-50, il fréquente une école biblique et commençe à officier à l'île de Mariana (aujourd'hui ile Josina Machel). C'est là qu'il s'initie au joies du Marrabenta. Son charisme et son énergie contribuent à faire du Marrabenta une des danses les plus populaires au Mozambique et c'est en 1960 qu'il forme son premier groupe musical et débute à la Radio Vox Africana. Aujourd'hui son enthousiasme n'a pas décru malgré ses 75 ans d'âge (en 2002) et poursuit une carrière désormais internationale au sein du groupe Mabulu.