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Sources : Liens (visités en août 2011) :

un aperçu sur l'art makonde

mapico

Selon une légende ancienne, la tribu Makonde naquit de l’union entre un sculpteur et une silhouette féminine qu’il avait créée. La sculpture s’était éveillée durant la nuit, devenant une femme. Ils eurent deux enfants, nés près du fleuve, mais tous deux moururent en bas âge et ce n’est que retourné dans la forêt que le couple mit au monde un troisième enfant qui survécu. Les Makonde devinrent ainsi un peuple des plateaux, vivant loin de l’eau, et loin aussi des maladies que l’eau engendre. Aujourd’hui, la culture Makonde s’étend le long de la rivière Rovuma, à la frontière entre la Tanzanie et le Mozambique. De nombreux Makonde se réfugièrent en Tanzanie, lors de la guerre coloniale, et s’engagèrent dans la guerre de libération. Aujourd’hui, ce peuple est internationalement connu pour sa sculpture. De manière caractéristique, il développèrent délibérément un style moderne, très contemporain, éloigné des formes classiques de la sculpture makonde, et pourtant thématisant des aspects culturels de l’Afrique traditionnelle.

shitani

Traditionnellement, la sculpture Makonde était liée au culte des ancêtres. Mis à part les articles ménagers (cuillères, ustensiles de cuisines, pipes, meubles qui étaient décorés), les Makondes produisaient des masques utilisés dans les rites d’initiation. Ces heaumes dits Mapico, du nom de la danse exécutée lors des rites d’initiation, étaient sculptés par un homme dans un bois léger, du kapok le plus souvent, sur lequel des teintures rouges, noires, jaunes ou brunes étaient appliquées. On y adjoignait des cheveux humains ou des poils d’animaux, ainsi que les labrets, de coquillage ou d’os, semblable aux labrets ornant la lèvre supérieure des Makondes. Les traits du visages et les scarifications rituelles caractéristiques des Makondes étaient gravés dans le bois. Les yeux ne sont pas pourvu d’ouverture, en fait, les orifices permettant la vision étaient pratiqués au niveau des narines ou de la bouche du masque, que l’on portait relevé.

Cet art resta préservé des influences extérieures jusqu’en 1914, mais par la suite, l’influence des autorités coloniales, des missionnaires et des commerçants se fit sentir. On vit apparaître des figures caricaturant l’administrateur colonial, mais rapidement aussi un nouveau matériau fit son apparition. Au bois tendre et léger se substitua les bois lourds, sombres, et polis, qui répondaient mieux à une demande d’un marché développé par le colonialisme. Le colonisateur exemptait les sculpteurs sur bois de certaines taxes. Au nombre de 30 environ il y a quarante ans, les artistes se comptent aujourd’hui par centaines, diversifiant les styles, mais se développement se paya aussi d’une production souvent médiocre et stéréotypée considérée comme « art d’aéroport ». C’est en 1950 que se développa un art Makonde contemporain, stimulé par l’ouverture du musée de Nampula, dans lequel on peut reconnaître et catégoriser un certain nombre de styles et de thématique. Les plus connues sont le style ujamaa, « communauté », et le style shitani, « esprit ».

Shetani

shitani

Le style shetani, créé par le sculpteur Samaki, représente des êtres surnaturels : démons, esprits, entremêlés en une unité organique sinueuse, aux membres anastomosés, sveltes, ondoyants... ces sculptures d’une étonnante modernité rappellent aux européens des oeuvres surréalistes et ont séduit le public durant les années 60. Samaki a pu créer un nouveau courant, enraciné dans des croyances animistes traditionnelles : les sculpteurs disent représenter des rencontre inopinées avec des esprits de la nature. Ils évoquent parfois aussi des drames humains. Certaines oeuvres peuvent être considérées comme des allégories de situations sociales : Shetani cadonga représente « des commerçants malhonnêtes poursuivis par le programme d’assainissement économique » et « Shetani side » évoque la tragédie du sida.

Ujamaa

ujamaa

Ujamaa est connu aussi sous le nom de Dimongo, qui désigne les tâches familiales exécutées en commun. C’est une sculpture élevée, ronde, représentant une masse de silhouettes humaines entrelacées, exécutant les tâches domestiques, et organisée autour d’une figure centrale, patriarcale. Dans certains cas, le tronc est évidé, de sorte que les figures humaines s’organisent autour d’un vide, en une oeuvre d’une virtuosité technique parfois remarquable