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Amigos de Moçambique : un nouveau lien vers le sud

Amigos de Moçambique (Amis du Mozambique) est une association sans but lucratif établie à Bruxelles. Son l'objectif est de développer des relations d'amitié, d'échange culturel et de partenariat avec le peuple mozambicain. Nous développons nos activités selon trois axes : documentation et information sur le Mozambique, rencontres et diffusion culturelles, actions de sensibilisation ou de solidarité.

Nos articles

Dossier : Traite humaine au Mozambique

  1. un fléau à combattre
  2. acteurs et causalités
  3. lutter contre la traite au mozambique

Centre Esperança

Magoanine

paysans et crise alimentaire

divers





Source :

Tráfico de pessoas em Moçambique : causas principais e recomendações - policy paper 1.41E - document de l'UNESCO (format pdf)
Human trafficking in Mozambique: root causes and recommandations - document policy paper 14.1(E) de l'UNESCO (format pdf)

documents et sites web (revu en août 2011)

Post-conflict Mozambique: women's special situation, population issues and gender perspectives to be integrated into skills training and employment promotion (Report 44) / Sally Baden, 1997- 155 pages - format pdf

Human Trafficking & Modern-day Slavery : descriptions pays par pays

site web du SANTAC : Southern Africa Regional Network against Trafficking and Abuse of Children (SANTAC)
site du SANTAC, en portugais

Conferência regional de Maputo 2008 - SANTAC

MODERN-DAY SLAVERY? The scope of trafficking in persons in Africa / Kathleen Fitzgibbon Published in African Security Review Vol 12 No 1, 2003

dossier : la traite humaine au Mozambique

3. Lutter contre la traite humaine au Mozambique

P. Deramaix

remédier aux lacunes juridiques

Au Mozambique, la loi est encore lacunaire. Le Mozambique a ratifié quelques conventions internationales relatives à la traite d'êtres humains mais beaucoup reste à faire : n'est pas encore ratifié le protocole des Nations Unies, dit "protocole de Palerme", pour prévenir, supprimer et punir le trafic de personnes. D'autres conventions relatives à la suppression de la traite humaine ou sur l'élimination des discriminations sexistes ne sont pas signées. Or la ratification et l'application de ces conventions et une adaptation de la législation mozambicaine sont indispensables à une protection efficace contre le trafic d'être humains. La législation mozambicaine reste lacunaire. Certes, la prostitution et la pornographie infantiles sont punissables, mais la loi ne précise pas d''âge minimum pour le consentement sexuel. Il n'y a pas de lois spécifiques prohibant le trafic de personnes. La traite ne peut être réprimée qu'à travers les législations sur le travail ou sur l'immigration.

sensibiliser et informer

bas-relief ornant un restaurant, anonyme, faubourgs de Maputo, 2006 (c). photo P. Deramaix

Après le premier Congrès mondial contre l'exploitation sexuelle des enfants un programme mozambicain fut établi. La Campagne Nationale contre l'Abus et le trafic des enfants (sigle anglais NCACA) a cherché à sensibiliser la population et le gouvernement à ce fléau et s'est intégrée à la Campagne internationale contre le trafic d'enfants lancé en Europe en octobre 2001 par la Fédération internationale Terre des Hommes.

En 2002, le lancement de la compagne régionale d'Afrique australe contre l'abus sexuel et le trafic illégal des enfants impliqua des personnalités de renom dont Graça Machel et l'archevêque Desmond Tutu. Cette campagne comprenait un travail de lobbying parlementaire, la formation d'agent de police, la mise en place d'une assistance légale aux enfants victimes d'abus sexuels et de trafic illégal, la création d'un refuge pour enfants déportés en Afrique du Sud et, en collaboration avec la Société nationale de Journalistes Moçambicains, organisation d'un séminaire de formation pour la presse, de manière à prévenir tout sensationnalisme préjudiciable aux victimes.

L'information insiste sur quatre points : le trafic d'enfants existe, les l'enfants ont des droits, le trafic d'enfants ne vise pas seulement l'abus sexuel mais aussi l'esclavage, d'autres problèmes sociaux. Les organisateurs de la campagne ont mobilisé les jeunes pour constituer dans les écoles des clubs pour prévenir les abus sexuels et le trafic d'enfants A la suite de ces initiatives, diverses manifestations artistiques et sportives eurent lieu dans les district de Xai-Xai, Namaacha, Chokwe, Bilène Macia, Manjacaze. Les initiatives de réintégration sociale des victimes est une composante importante de la lutte contre la traite.

Ces actions portent aussi sur les conditions économiques, notamment sur la sécurité alimentaire et le développement agricole. La formation de conseillers assistant les travailleurs de la santé dans les principaux hôpitaux du pays permet d'améliorer l'accueil des femmes et enfants victimes d'abus et de trafics. L'Association des Défenseurs des Droits des Enfants offre une assistance juridique aux enfants marginalisés pour la plupart victimes d'abus sexuels ou de trafics illégaux.

Cette association diffuse aussi des informations sur les droits des enfants. Par ailleurs, un foyer d'accueil à Moamba, Maputo fut inauguré et financé par l'association Terre des Hommes ( Allemagne ) de même une organisation religieuse a mis en place un home à Ressano Garcia. Dans le district de Moamba un autre foyer peut accueillir 80 personnes. L'hôpital central de Maputo a mis en place un projet-pilote d'appui psychologique et social aux enfants victimes d'abus,. Cette unité a traité plusieurs centaines d'enfants victimes des trafiquants.

Terre des Hommes encourage à une coopération transnationale entre les ONG d'Afrique du Sud et du Mozambique et ont établi des liens avec le centre Amazing Grace, connu comme « Centro de Cuidados de Malelane » qui se trouve à 50 km de la frontière avec le Mozambique. Les enfants mozambicains qui y sont recueillis sont encouragés à retourner volontairement chez eux. Ces actions menées sont certainement bénéfiques, mais en regard de l'ampleur du trafic, on peut supposer qu'elles restent insuffisantes. L'UNESCO a émis plusieurs recommandations que nous résumons ici.

les recommandations de l'UNESCO

Etant donné les implications internationales et la nature socio-économique des conditions propices à la traite humaine, l'UNESCO articule ses recommandations sur trois niveaux d'intervention :la prévention, la limitation des cas, et la minimisation des dommages.

L'UNESCO recommande de cosigner, de ratifier et d'implémenter la Convention des NU contre le crime transnational organisé, et le Protocole pour Prévenir, Supprimer et Punir le trafic des personnes, spécialement des Femmes et Enfants (protocole de Palerme) et d'adapter en ce sens la législation nationale qui doit, outre définir clairement le crime de trafic illégal de personnes, s'assurer que les personnes victimes de trafiquants ne soient pas pénalisées pour une quelconque infraction ou activités résultant de leur situation, tels que la prostitution ou la violation des législations sur l'immigration.

Dans cette optique, les victimes de trafics illégaux doivent être protégés comme les déportations sommaires et leur retour, particulièrement dans les cas où il y a des raisons de suspecter raisonnablement que ce retour pourrait comporter un risque pour ces personnes. Il conviendra en outre de prendre en considération les demandes de residence temporaire ou permanente dans le pays de transit ou de destination en échange de témoignage contre les trafiquants et pour des motifs humanitaires.

Au niveau national, L'UNESCO recommande d' instituer une autorité responsable chargée du commandement des Forces spéciales nationales de lutte contre la traite humaine, qui aurait autorité et autonomie pour agir tant au niveau national que internationale sous la responsabilité des plus hautes instances gouvernementales.

Les Forces spéciales de Lutte contre la Traite humaine réuniraient les ministères, agences, organisations intergouvernementales, et ONG et représentants de la société civile pour développer et implémenter une politique de combat contre le trafic d'êtres humains et mettre au point un plan d'action nationale incorporant les divers aspects – répression, prévention, protection, et assistance directe La prévention directe comprend l'éducation et l'imposition efficace de la loi, mais cela implique aussi d'aborder les causes socio-économiques fondamentales.

Dans cette perspective, l'amélioration des conditions économiques des femmes et des jeunes, et la promotion d'un développement durable doit être un objectif prioritaire. Les milieux concernés par le trafic doivent être touchés : les groupes à risque – jeunes, femmes isolées, migrants – mais aussi les entreprises de transport, les chauffeurs de camion, les agences d'emploi, les bureaux de recrutement, ainsi que le personnel consulaire. Une attention doit être apportée aux besoins fondamentaux des familles afin d'éviter tout risque d'abandon ou de vente d'enfants.

Ainsi les organisations de la société civile sont encouragées a établir des programmes éducatifs et de sensibilisation, à former les leaders communautaires et les familles de manière à modifier les attitudes sexistes et renforcer les droits des femmes, reconnaître et soutenir la contribution économique, tant rémunérée que non rémunérée, des femmes et réduire la charge de travail domestique.

Du fait de la nature illégale de la traite humaine, il est difficile d'obtenir des données statistiques complètes et fiables, pour cela l'UNESCO encourage les gouvernements à renforcer leur capacité dans la collecte et le traitement des données, selon des méthodologies appropriées. Ces informations obtenues doivent retourner à la base, sur le terrain, dans les diverses régions, à fin d'une meilleure planification de la lutte contre la traite humaine.

conclusions

Phénomène majeur de nature transnationale, la traite humaine est malheureusement une réalité dramatique au Mozambique. Ses conséquences sont dramatiques, non seulement en ce qui concerne la destinée individuelles des victimes, mais aussi sur un plan plus global, au point de vue économique, sanitaire, politique et moral. Sur le plan économique, la traite humaine crée des dommages irréparables sur le capital humain en ayant des effets négatifs sur le marché du travail, en privant des milliers de personnes de l'éducation élémentaire de sorte que la force de travail nationale perd en compétitivité et en compétence.

Les implications sanitaires sont nombreuses : déséquilibre démographique, extension de l'épidémie de Sida et des maladies sexuellement transmissibles, conséquences psychologiques et physiques des violences subies etc... La marginalisation des victimes et le démembrement des familles conduit à la déstructuration sociale, à l'isolement des personnes âgées, des enfants et à la perte de la transmission des valeurs culturelles.

D'autre part, de nature criminelle, la traite étant la but ou l'occasion de divers délits et trafics illégaux, les bénéfices récoltés sont investis dans d'autres activités illicites : trafics d'armes, de drogue, de voitures volées etc... la corruption ou l'incapacité des fonctionnaires à appliquer les lois crée un sentiment d'insécurité qui affaiblit l'autorité de l'Etat et le décrédibilise.

La traite humaine est aussi liée à la globalisation économique et à ses conséquences sociales. Elle maintient et renforce les inégalités sociales; La paupérisation économique peut engendrer le besoin d'une émigration rendue d'autant plus aléatoire que les Etats tendent à fermer leur frontières et à réduire les opportunité d'intégration légale dans le marché du travail. La pauvreté peut amener à accepter la prostitution, y compris des enfants, comme une source de revenu. Par ailleurs l'exacerbation de la concurrence économique encourage les entrepreneurs à minimiser les coût salariaux et de protection sociale en recourant à une main d'oeuvre clandestine, réduite souvent à des conditions de travail proche de l'esclavagisme.

Dans son rapport, l'UNESCO formule des recommandations que nous ne pouvons qu'encourager, mais si les mesures gouvernementales relèvent de la souveraineté nationale du Mozambique, nous nous devons d'être attentifs aux actions menées par et dans la société civile au Mozambique. Le développement touristique du pays ne peut en aucun cas faire de cette nation aux potentialités humaines et culturelles si riches une destination pour un tourisme sexuel et encore moins un réservoir humain pour l'industrie du sexe. Par ailleurs, nous sommes aussi préoccupés de l'extension planétaire de la traite humaine en constatant, par exemple, que la prostitution touche beaucoup les communautés africaines en Europe.

2. Traite humaine au Mozambique. 1 : un fléau à combattre

3. Traite humaine a Mozambique. 2 : acteurs et causalités

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