journée du film mozambicain                                  > nederlandse versie

un regard sur le cinéma mozambicain

Au Mozambique, le cinéma est plus qu’une industrie du divertissement … c’est une arme, un vecteur de conscience politique, un outil de résistance culturelle. Dès l’indépendance, le peuple nourri d’utopie socialiste s’y donnaît à voir dans sa lutte pour la dignité et la transformation des rapports sociaux. Au Mozambique du 21 e siècle, malgré le néolibéralisme mondialisé, malgré la télévision, malgré la pauvreté, le cinéma y est encore une réalité vivante. Témoin : la production récente de deux réalisateurs : Joao Ribeiro et Licinio Azevedo. Des auteurs emblématiques par leur qualité formelle et par leur thématique qui les enracine au plus profond de la société mozambicaine. Avec eux la fiction du récit est loin de travestir : elle dit le vrai, elle émancipe..

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la désobéissance,
le regard acéré de Azevedo

 

On ne peut parler du cinéma mozambicain sans évoquer les conditions sociales et politiques de sa naissance.Dès la décolonisation, le jeune pouvoir mozambicain a très rapidement compris que le cinéma pouvait être un instrument d’émancipation. Ce fut l’objectif de la création, en 1975, de l’Institut national du cinéma, qui se chargea de former sur le terrain les cinéastes mozambicains. Dans cette fin, des réalisateurs de renom, comme Rui Guerra et Jean-Luc Godard, furent sollicités. La série d’actualités « Kuxa Kanema » fut la première production cinématographique mozambicaine : ces archives – conservées dans des conditions difficiles et menacées – constituent aujourd’hui des documents historiques de première importance sur la période socialiste de l’histoire mozambicaine. Un remarquable documentaire de Margarita Cardoso, «Kuxa Kanema, journal d’une indépendance», rend compte de cette entreprise.

L’apparition de la télévision et la fin du régime socialiste aurait pu sonner le glas du cinéma mozambicain si des réalisateurs de talent n’avaient su relever le défi. Ne pouvant plus compter sur l’Etat, les cinéastes durent se plier aux exigences du marché mondial. Ce qu’ils firent avec brio puisque cinq producteurs indépendants se partagent aujourd’hui le marché à Maputo. L’influence latino-américaine, celle des brésiliens Rui Guerra et Licinio Azevedo, est marquante : une thématique sociale conjugue une forme narrative intensément réaliste. Le documentaire reste présent dans l’audio-visuel mozambicain : reportages touristiques, documents culturels ou sociaux, clips musicaux remplacent aujourd’hui les chroniques de Kuxa Kanema.

Si la concurrence de la télévision tue le cinéma au Mozambique - les salles de cinéma urbains se raréfient et la pratique du cinéma rural ambulant a disparu en conséquence de la guerre et des désastres – la présence des cinéastes mozambicains se manifeste sur le plan international : dans les festivals en Afrique, au Brésil ou au Portugal, et les circuits non commerciaux. La proximité de l’Afrique du Sud permet la participation mozambicaine à des projets régionaux, tandis que l’introduction de technologies numériques pallie le manque d’infrastructure appropriée à la production de films en 35 mm.

extrait de "Kuxa Kanema".

 

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